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Analyses européennes, perspectives françaises

Éducation

Éducation : une dépense stable, des moyens sous contrainte

1. Introduction

L’éducation est souvent présentée comme une priorité nationale. Cette page analyse l’évolution de l’effort éducatif en France sur longue période, en distinguant la dépense globale, la rémunération des enseignants et la répartition interne du budget.

2. Le salaire des enseignants en perspective

Salaire enseignant début de carrière / SMIC (ratio).

Rapporté au SMIC ou au salaire médian, le salaire des enseignants s’est progressivement rapproché de la moyenne des revenus, traduisant une érosion de leur position relative.

Salaire enseignant début de carrière / SMIC (ratio) 1950–2023 · Salaire relatif
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 2023 1.7 2.2 2.7 3.2 ratio

Les données antérieures à 1970 sont présentées à titre estimatif (pointillé), en raison des ruptures statistiques liées au passage du SMIG au SMIC et à l’évolution des statuts enseignants. Les valeurs sont exprimées en ratios afin de neutraliser l’inflation.

3. Dépenses d’éducation : une stabilité macro

Dépenses d’éducation (% du PIB).

L’effort éducatif global, mesuré en part de la richesse nationale, est resté relativement stable.

Dépenses d’éducation (% du PIB) 1980–2020 · Effort éducatif global
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 2023 4 5 5 6 %

4. Dépense par élève : l’illusion nominale

Dépense par élève (euros constants).

La hausse nominale masque une stagnation réelle.

Dépense par élève (euros constants) 1960–2023 · Euros constants 2023
1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020 2023 8250 9000 9750 10500

5. Pourquoi la dépense “utile” ne progresse pas.

Répartition interne du budget.

Structure du budget de l’éducation (barres empilees) Répartition interne · parts en %
1980 2000 2020 25 50 75 100 %
Salaires enseignants actifs
Pensions enseignants
Autres personnels
Fonctionnement

6. Lecture de synthèse

La stabilité de l’effort éducatif global masque des tensions internes croissantes. La progression des charges structurelles, notamment liées aux retraites, limite la capacité à renforcer les moyens pédagogiques et à revaloriser durablement le métier d’enseignant. Ces évolutions contribuent à une transformation progressive du corps enseignant et des conditions d’exercice, sans modification explicite des priorités éducatives.